Pardigon, lieu de réaménagements paysagers et de protection d’espèces

Après l’abandon en exploitation agricole, le site de Pardigon a subi une transformation en projet de golf dans les années 90. Voué à l’échec, l’idée a toutefois induit d’importants terrassements et, par cet abandon, la prolifération du mimosa. 2013, le Conservatoire du littoral rachète les terrains et met en place un plan de gestion visant la réhabilitation du site.

Première étape : la protection de l’espace dunaire

Site non prioritaire derrière le Cap Lardier, l’espace de Pardigon bénéficie toutefois de l’attention du Parc national de Port-Cros. D’importants travaux ont déjà commencé et vont se poursuivre plusieurs années.
"Pardigon possède de grands enjeux concernant la biodiversité" expliquent Pierre Lacosse et Benoît Berger, agents du parc national. Ils ont posé en 2021 des kilomètres de ganivelles sur la plage du Débarquement "pour protéger les dunes qui comportent un écosystème unique et menacé. Le cordon dunaire a été mis en défend du poste de secours jusqu’à La Carrade. La dune est un milieu fragile : elle est piétinée et le nettoyage mécanisé ne permet
pas son rechargement en débris venus de la mer. Les ganivelles permettent le stockage du sable qui s’accumule sous l’effet du vent, stabilisant le sol qui s’élève petit à petit laissant les végétaux s’implanter de nouveau."

Les griffes de sorcière ont été arrachées. Des espèces rares vont pouvoir se réinstaller naturellement telles que le chardon bleu, l’euphorbe peplis, le Lys de mer. On y trouve actuellement deux espèces : la Silène de Nice qui pousse sur un sable non stabilisé et le panic rampant. La première est une espèce à fort enjeux pour la biodiversité car elle se raréfie mais, à La Croix Valmer, ses populations sont encore bien développées. La seconde se retrouve sur Pardigon et à Gigaro. "Ses effectifs sont stabilisés sur La Croix Valmer mais se raréfient dans le sud de la France". Enfin, les dunes abritent des communautés d’insectes
spécialisés dans le sable.

Une reconquête progressive forestière

L’autre particularité de Pardigon est que le site est envahi d’espèces exotiques comme le mimosa, la liane cruelle, le palmier Phoenix... "Il va falloir donner de la visibilité dans l’arrière dune" détaillent les agents du parc. Des coupes sont à venir avec l’extraction de bois jusqu’au désouchage de mimosas et l’enlèvement des cannes de Provence, trop nombreuses. Le bois de mimosa, espèce inflammable, est ensuite acheminé en centrale thermique vers Gardanne pour être transformé en énergie. La plantation de chênes liège, chênes pubescents et frênes suivra. Le reboisement devrait durer plusieurs années. Des pâturages pourraient aussi être aménagés avec la présence d’ânes sur la partie sud.
Une mare, située non loin de la plage du Débarquement et qui abrite déjà des tortues cistudes, des insectes aquatiques, des oiseaux comme le grèbe, canard colvert, héron, martin-pêcheur… et des amphibiens, a été réhabilitée. Le but est de restaurer un milieu naturel très abîmé.
Enfin, à côté des ruines de la villa romaine de Pardigon II, un jardin pédagogique devrait être aménagé sous l’égide de la commune : "il sera ouvert aux seniors comme aux jeunes générations".


Infos
. 30 ha à rafraîchir côté La Croix Valmer
. 60 000€ d’investissements par le Parc national de Port-Cros
. Les partenaires : Conservatoire du littoral, commune, Direction Départementale des Territoires Maritimes, Parc national de Port-Cros, les lotissements (OLD), association de protection des sites, partenaires privés (forestier…)